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L'île de Black Mor


Réalisation : Jean François Laguionie (La Fabrique)

Durée : 1h25

Dates & Horaires : 11/02

Résumé: 1803, sur les côtes des Cornouailles. Un gamin de quinze ans, Le Kid, réussit à s'échapper de son orphelinat. Il a pour seule richesse la carte d'une île au trésor, tombée du livre de Black Mor, un célèbre pirate. En compagnie de deux pilleurs d'épaves, Mac Gregor et La Ficelle, Le Kid s'empare d'un bateau, et part à la recherche de son île au trésor. Mais rien ne se passe comme dansles livres de pirates…

Genre : Film d'animation
Pays : FRANCE

Tous publics
Sorti le 11/02/2004

Distributeur : GEBEKA

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Avant Première Internationale
de L'île de Black Mor
par Magaly Coursindel

© Planète MontpellierPlanète Mtp y était et vous en parle !La sortie nationale est prévue le 11 février 2004 et pourtant ce 9 décembre 2003 pour la clôture du 18ème Festival d'Animation de Baillargues au cinéma « Le Nautilus » à Palavas, Jean François Laguionie déambulait déjà parmi la presse locale à l'occasion de l'avant première de son dernier film d'animation L'île de Black Mor.

Jean François Laguionie n'est pas une star et pourtant il est l'un des deux seuls réalisateurs français à avoir signé au moins trois longs métrages d'animation. En 1985, Gwen ou Le Livre de sable, 1999, Le Château des Singes et d'ici peu sur nos écrans L'île de Black Mor, réalisé dans le studio dont il est le fondateur : LA FABRIQUE, studio situé prés de chez nous à Saint Laurent Le Minier. Avant même de voir le film, les avertis de l'anime savaient que cet événement dépasserait le cadre strictement cinématographique, il est une fierté locale, d'envergure nationale (tirage sur toute la France avec GEBEKA films) et internationale (une partie de l'animation a été enregistrée en Corée). Soulignons à ce propos, sniff, l'impossibilité aujourd'hui, de faire un long métrage d'animation en France avec nos seuls actionnaires français. Eh bien verdict, l'animation française ne s'est jamais aussi bien portée !

Il ne serait pas incongru que L'île de Black Mor se fasse une carrière aux Triplettes de Belleville, le public enfant en plus et c'est tout ce que nous lui souhaitons. L'île de Black Mor est avant tout un roman, sorte de compilation onirique sur des aventures de mer qui hantent Jean François Laguionie depuis ses treize ans, de Conrad à Stevenson et en particulier David Balfour, son personnage préféré. La pré production à cependant des allures de largage avec amarres. Pas de télé, ni de producteur, l'équipe prend tout de même le large, dessine rochers et visages. Le story-board est terminé, une « animatique » (filmage du story-board) est même montée. Contre toute attente, Gaspard de Chavagnac ( Les films du triangle) produira le film avec eux, suivi par TEVA. Jean-François Laguionie et LA FABRIQUE nous entraîne donc faire un beau voyage...

1803 sur les côtes de Cornouailles, le Kid, jeune garçon de quinze ans s'évade d'un orphelinat-prison. Il ne connaît rien de son enfance. Subjugué par la vie d'un pirate, le célèbre Black Mor, il vole un bateau « Le Fortune » dans lequel se trouvent deux prisonniers, pilleurs d'épaves qui deviendront ses compagnons d'équipage.

Les choix graphiques sont largement inspirés des affichistes paysagers des années trente et d'un peintre breton pour lequel Jean François Laguionie a le coup de foudre : Henri Rivière. Le style des personnages se rapproche des caricaturistes du 19ème siècle, comme Daumier, Granville, Topfer ou des illustrateurs anglais. Le trait est volontairement gros, effectué au crayon pour qu'il conserve toute sa souplesse. Cette qualité de trait est importante car il sera en couleur et harmonisé à celui des décors qui nous rappellent quelquefois ceux d'Hergé.

Rien n'est laissé au hasard, si l'animation est d'une fluidité étonnante les détails historiques, comme la reconstitution des « cutters » 1800 pour le bateau « Le Fortune » ne sont pas en reste. On court les musées et les bibliothèques avec l'aide d'Yvon Le Corre peintre-navigateur, une maquette du bateau est même réalisée.

Enfin, L'île de Black Mor incarne la maturité du film d'animation, c'est à dire un film tout à fait capable de procurer des émotions normalement ressenties devant un soit disant « vrai » film. La psychologie des personnages est d'une complexité captivante, le thème du pardon, du rapport à l'argent, à la famille, à l'amitié et à l'amour y sont très subtilement exploités, le plus important étant certainement le thème de l'identité. Le Kid part en quête de trésor, une quête qui se révèlera être finalement, celle de sa propre identité.

Une identité qu'il cherche sur la mer par laquelle il est fasciné, la mer/mère symbole féminin par excellence à travers un parcours initiatique musclé ou le rapport de fierté avec le célèbre pirate Black Mor, image fantasmée du père est omniprésente. Lecture psychologique voire quasi psychanalytique, poésie visuelle et sonore, aventures exaltantes revisitant le mythe de la piraterie, L'île de Black Mor est l'œuvre d'un grand auteur qui enchantera l'enfant, l'adulte et le vieillard rêveur. Un conseil, ne le ratez pas.

par Magaly Coursindel


Scénario de JF Laguionie et Anik Le Ray.

POUR LES ENFANTS
À PARTIR DE 7–8 ANS


C'est une histoire dans la lignée de L'île au trésor, une aventure qui mêle le mystère et l'amour de la mer, un beau film qui vous emporte et vous fait rêver, vous laisse la tête pleine de vent et d'embruns… Jean-François Laguionie nous avait déjà donné il y a cinq ans le très beau Château des singes, nous attendions donc avec impatience L'île de Black Mór, nous ne sommes pas déçus!
Nous sommes en 1803, sur les côtes des Cornouailles. Un gamin de 15 ans, le Kid, réussit à s'échapper de l'orphelinat, où il vit comme un bagnard. Il ne connaît pas son vrai nom et sa seule richesse, c'est la carte d'une île au trésor tombée du livre de Black Mór, un célèbre pirate à la main de fer, auquel il aimerait tant ressembler.
En compagnie de deux matelots guère recommandables, Mac Grégor et La Ficelle, le Kid s'empare de «La Fortune», le bateau des garde-côtes et part à la recherche de son île au trésor, à l'autre bout de l'Océan Atlantique.
Mais dans la réalité, rien ne se passe comme dans les livres de pirates…

En chasse de son trésor plus ou moins imaginaire, en quête surtout de son identité, le Kid est encore un gamin, beaucoup plus fragile qu'il ne voudrait le faire croire. Mais il ira jusqu'au bout de l'aventure, il franchira les multiples obstacles qui le séparent de l'île de Black Mór…

Le dessin est très clair, très simple, laissant une large place à l'imagination et à la poésie, avec des couleurs jamais agressives, toutes de douceur et de suggestion. Et l'équipe de Laguionie a fait un très gros travail de documentation sur les bateaux de l'époque, et sur la vie à bord. Le résultat est là: on y croit, on s'embarque aux côtés du Kid. Larguez les voiles…