| |
|
LE NOMBRE DE DESSINS PAR MINUTE DE FILM :
UNE DIMENSION ECONOMIQUE,
UN PASSAGE OBLIGE,
PARFOIS UN STYLE...
Pour obtenir une seconde de film, il faut faire défiler 24 images (au cinéma) ou 25 images (à la télé ou en vidéo). La PERSISTANCE RÉTINIENNE "fonctionne" lorsqu'une dizaine d'images, même un peu moins, se succèdent devant nos yeux en une seconde, ce qui revient à dire que "notre il" garde en mémoire les images (même si leur durée est plus courte) au moins un dixième de seconde, ce qui fait qu'au lieu de voir une série d'images fixes successives, nous "CROYONS VOIR" une seule image en mouvement (les images successives ne sont plus séparées). L'idée de ne filmer que 12 dessins par seconde (en prenant deux images de chaque dessin) s'est rapidement imposée, on imagine l'économie de temps - et donc d'argent - réalisée... Aujourd'hui cette "FULL ANIMATION" (c'est-à-dire l'ANIMATION ENTIÈRE, sous-entendue "riche") est devenue la norme, même pour le long métrage. C'est là une convention qu'il faut bien garder présente à l'esprit car, selon les cultures et selon les techniques utilisées, la norme peut varier sensiblement suivant que l'on désire une animation plus ou moins riche ou limitée ; ainsi, l'industrie japonaise a instauré cette habitude, principalement dans les séries pour la télévision mais aussi dans les longs métrages japonais* (2) (il n'est pas rare que l'animation soit filmée à 3 images, soit 8 dessins par seconde, quand ce n'est pas moins). Les raisons économiques sont évidentes, mais il en résulte que le spectateur devra s'habituer aux rythmes saccadés et à la stroboscopie, la norme de 12 dessins par seconde devenant presque un luxe réservé aux longs métrages... qui, pour que soit réalisé un bon confort de l'il vont même exiger qu'on filme certains plans à une image ("single frame") c'est-à-dire 24 ou 25 dessins par seconde.
* Les longs métrages japonais sont par ailleurs tout à fait admirables, (Katsuhiro Otomo, Hayao Myazaki...) à tel point qu'on en oublie assez facilement ce petit défaut qui semble bien avoir été assimilé à un style d'animation accepté par son public.
PETIT RETOUR EN ARRIERE
AAux débuts, on dessinait 16, puis 24 dessins par seconde. En effet, il faut se rappeler qu'au temps du muet, la vitesse de défilement du cinéma était de 16 images par seconde et, avant l'utilisation d'un moteur pour entraîner la pellicule, c'était à la main qu'on faisait tourner une manivelle entraînant le film à la vitesse approximative de 16 images par seconde.
Cela pour dire que les choses ont changé et peuvent encore changer. Ainsi, le standard NTSC tourne-t-il à 30 images par seconde, de même que le film 70 mm avec les images dans le sens longitudinal... (parfois même les vitesses de défilement sont de 50 ou 60 images par seconde). Ne croyez pas que l'animation n'ait rien à voir avec ces formats exceptionnels : 70 mm, relief panoramique... De tels courts métrages existent déjà (Le Vieil Homme et la mer d'Alexandre Petrov), de même ce qu'on appelle des "rides" (prononcer "raïde" - voyages, ou trajets de caméra réalisés généralement pour des parcs d'attraction) qui ont souvent pour but de simuler un parcours dans un paysage parsemé d'événements et surtout d'impressionner le spectateur en le mettant à la place de la caméra. On comprend que dans ce dernier cas la perfection technique de l'image, le mouvement et le relief vont jouer un rôle important pour "tromper" le spectateur, le "transporter"... Suggérer image par image l'espace dans lequel nous nous mouvons sera donc primordial et l'aide de logiciels, bien adaptés à cette problématique, très précieuse. Cependant, on a vu des cas où la main de l'artiste suggère très valablement la notion d'espace et l'exploite avec brio (démonstration éloquente dans l'introduction de Qui veut la peau de Roger Rabbit ? où la cuisine est particulièrement bien perçue comme espace dynamique).
À noter qu'aujourd'hui, pour les films en images de synthèse les ordinateurs calculent systématiquement 24 ou 25 images par seconde - comme le fait une caméra de prise de vues réelles - ou 30 ou plus si besoin est (bien sûr, il est possible de ne calculer qu'une image sur deux).
|
|